Archive pour août, 2010

Des fermes en ville?

avatar - 31 août 2010

Vous riez? Suivez-moi bien. 

Montréal renferme des gros jardins communautaires, comme on le sait tous. Des potagers pour la plupart. Sous le mouvement écolo qui emporte tout sur son passage, ces jardins sont peut-être appelés à devenir des fermettes au cœur de la ville. Ça n’a aucun sens, direz-vous, et je partage votre opinion. Mais depuis une dizaine d’années, la notion d’agriculture urbaine s’infiltre doucement dans les champs de l’actualité. 

Jusqu’ici, c’est plus amusant qu’autre chose. Mais rappelez-vous Jeff Rubin, le visionnaire canadien, qui crie sur tous les toits que le jour où le prix du pétrole atteindra une proportion démesurée, les gens quitteront les banlieues pour revenir s’installer en ville parce que l’essence sera trop chère. Du même coup, des fermes pousseront tout autour des grandes villes comme Montréal. Certains observateurs du marché immobilier poussent dans le même sens que Rubin et osent affirmer qu’une nouvelle agriculture naîtra. 

Ridicule, direz-vous? Les manchettes de l’actualité ne sont pas d’accord avec vous.

Est-ce que le nom de Mélanie Coates vous dit quelque chose? Jusqu’à l’an dernier, elle était attachée de presse au Royal York à Toronto. Régulièrement, elle montait sur le toit de l’hôtel pour aller récolter le fruit du labeur de 100 000 abeilles. Mélanie Coates était apicultrice.  

C’est que le toit comprenait un jardin d’herbes fines et un petit potager au service du chef de l’hôtel. Voyant les milliers d’insectes voler, il décida d’installer des ruches et de récolter le miel.

Selon un article du Courrier international, ces milliers d’abeilles volent en essaim au-dessus des penthouses et des parcs urbains jusque dans les îles sur le lac Ontario. L’an dernier, elles ont produit 160 kilos de miel au bénéfice des clients de l’hôtel. On le servait avec une assiette de fromages. 

L’expérience a été si concluante que des hôtels ont emboîté le pas à Halifax et à Vancouver. Pourtant, des règlements municipaux interdisaient des ruches urbaines jusqu’à tout récemment.
Dans le East Village à New York, le professeur Andrew Cote grimpe régulièrement sur le toit d’un immeuble pour récolter le miel de 250 ruches. Fermier urbain, l’homme est aussi président de l’Association des apiculteurs de New York. C’est que la Ville a finalement autorisé la pratique de l’apiculture après onze ans d’interdiction. 

Toujours à New York, Eli Zabar, patron d’une épicerie fine, cultive un champ de tomate sur le toit d’un immeuble. De la laitue aussi, des figues, des herbes aromatiques, des betteraves et des framboises. Les serres du toit bénéficient de la chaleur des fours de la boulangerie et de la pâtisserie. 

Étant cultivés sur les lieux, les aliments n’ont pas subi le fléau des pesticides et du transport. Ils sont donc plus frais. À certains moments, un odeur agréable flotte dans le quartier environnant. Les serres et les champs des toits fournissent 50% des produits que l’on retrouve sur les tablettes de l’épicerie. 

Sur d’autres toits de New York, on cultive des courgettes et du basilic. Il y a même des vergers. On parle d’utiliser sous peu les toits des écoles, des hôpitaux et autres bâtiments publics.     

Avez-vous remarqué au Québec le buzz entourant la présence de poules en ville? On réclame le retour des basses-cours en milieu urbain. J’ai récemment rencontré un type de Trois-Rivières qui m’avouait avoir des poules dans sa cour sans savoir si un règlement municipal l’interdisait. Il n’est pas le seul. Beaucoup de citadins élèvent des poules en cachette au pays. Dans d’autres villes ils le font au grand jour, comme à Guelph, à Brampton et même à Victoria en Colombie-Britannique.  

Sans compter la popularité croissante de la culture de plantes dépolluantes en milieu urbain, surtout en Europe.

Il y a toute une marge entre les fermes de Jeff Rubin en périphérie des villes et l’agriculture urbaine….pour le moment.

Chose certaine, je gagerais que certains investisseurs parmi les plus futés lorgnent déjà certains terrains en milieu urbain.

Pour lire mon billet sur Jeff Rubin :  http://espace.canoe.ca/group/proprietesarevenus/blog/view/460482

ou tapez les mots: Les investisseurs écouteront-ils Jeff Rubin?



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Cocooning à la sauce hollandaise

avatar - 27 août 2010

Fouineur de papiercomme je suis, j’ai mis la main par hasard sur un vieil exemplaire du magazineGéo, édition février 1985. Plusieurs pages étaient consacrées aux Pays-Bas,qu’on appelle parfois la Hollande. C’est une erreur. La Hollande est une régiondes Pays-Bas divisée en deux provinces. C’est en Hollande que se trouve lacapitale du pays, Amsterdam.

Un article portait letitre : Le bonheur de rester à la maison. Drôlement intéressant! Aujourd’hui,je vous présente le cocooning version hollandaise. En version abrégée, cela vasans dire.

Bien sûr, le bonheurde rester à la maison est universel. Mais on oublie parfois que le cocooning nese vit pas de la même façon d’un pays à l’autre.

L’article était signéWouter Van Dieren. Plus néerlandais que ça comme nom, tu meurs! Mais le garsnous donne vraiment le goût de faire un détour aux Pays-Bas pour une longuepériode.

Je vous cite lespassages les plus éloquents:

« Lorsqu’il faitfroid dehors, que l’ouragan souffle en tempête sur la mer du Nord, lesHollandais se tiennent à l’abri dans les maisons les plus chaleureuses dumonde. Ils y cultivent l’art de la convivialité. Ses principaux ingrédientssont le chocolat, le genièvre, saint Nicolas, les plantes vertes et le bonheurd’être ensemble sous la lampe, les pieds devant le feu. »

Deuxièmepassage :

«Si vous demandez à unNéerlandais la signification exacte du mot « gezellig » (prononcer« rezeller »), que vous entendez sans cesse revenir dans lesconversations, il vous fera un clin d’œil. Et vous expliquera que le mot nepeut pas se traduire en français. Puis il vous parlera, pêle-mêle, d’intimitéfamiliale, de confort, de bruits particuliers tels que le glouglou de lathéière sur le petit chauffe-plat, de la nécessité d’encombrer le living-roomd’objets hétéroclites(rappelez-vous mon billet Vélos, musique et voile debateau), de vieux jeux de famille, maintenant remplacés, hélas, par latélévision. »

Troisièmepassage :

« Avec un chienet un téléphone, on possède déjà le début d’un mobilier hollandais classique.Aucun accessoire n’est négligé qui puisse contribuer au confort de la maison.Les aménités de la vie domestique se sont raffinées à un tel point au cours dessiècles que le Hollandais préfère toujours à une sortie nocturne le charmed’une soirée en famille, à la maison. »

Quatrièmepassage :

«Tout d’abord, endépit d’un climat rude, les Néerlandais adorent les grandes baies vitrées. Deplus, ils ne ferment jamais leurs rideaux. Si l’on plonge ses regards sur lascène de l’un de ces théâtres de la vie privée pris au hasard, on aperçoit deslumières tamisées, des écrans de dentelle, des petits tableaux, des fleurs séchées,des souvenirs de famille ou de voyages disposés comme dans la vitrine d’unbrocanteur. Dans l’appartement suivant, un chat se pelotonne sur les genoux desa maîtresse qui tricote, tout en conversant avec ses amis. »

Cinquièmepassage :

« Les Néerlandaissemblent posséder un véritable génie pour se modeler un style d’existence quileur est très personnel et ceci quel que soit l’environnement social. C’estsans doute ce qui rend la vie aux Pays-Bas si plaisante. Si ses habitants sontparfois enclins à penser qu’elle peut être meilleure ailleurs, une fois surplace, ils sont toujours heureux de rentrer à la maison. »

Dernier passage:

« Le soir de laSaint-Nicolas, la famille se réunit autour de la table couverte de petitsgâteaux aux épices et au beurre, de lettres en chocolat (les initiales desmembres présents) de pâtes d’amandes, de nougatines et de vin d’évêque, un vinchaud sucré, parfumé aux clous de girofle et aux peaux d’orange. »

C’est le genred’article qu’on aime lire l’hiver, emmitouflé dans son lit. On part pour lesPays-Bas?   

(Photo: Pourtoi.biz)

   

 

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

La microbrasserie la plus vieille au monde

avatar - 26 août 2010

Elle viendrait d’acquérir le statut de la microbrasserie laplus ancienne du monde. Désolé, je ne peux vous indiquer la source. J’aigriffonné les mots Chez Flek (U Fleku en tchèque) qui désignent le nom de labrasserie, mais je n’arrive pas à lire le reste du papier froissé que j’avaisenfoncé au fond de ma poche.

J’ai farfouillé sur le Web et j’ai trouvé deux sitesintéressants pour écrire le billet: http://strogspraguepics.blogspot.com/2006/02/bire-une-vilaine-taverne-une-vilaine.html(pour la petite histoire et les personnages) et, bien entendu, l’inévitableWikipedia.

Située à Prague, la microbrasserie Chez Flek a célébré son 500eanniversaire en 1999.

Elle a donc été fondée en 1499, bien avant l’arrivée deJacques Cartier au Canada. En fait, l’Amérique venait d’être découverte parChristophe Colomb sept ans plus tôt.

« Elle est constituée de bâtiments entourant une vastecour intérieure au 11 de la rue Křemencova, non loin du Théâtre national dePrague, écrit Wikipedia. La façade est décorée d’une horloge au-dessus del’entrée. »

Écrivains, artistes, journalistes,neurologues, acteurs et musiciens se sont maintes fois regroupés, à travers lesgénérations, autour d’une bière noire issue d’une recette bavaroise qui auraitfait la fortune de la brasserie.

Un écrivain avait noté sur une feuillede papier les habitués de la brasserie à la fin des 1800 : 1 comte,1 président de cours de justice, 1 maire-adjoint de Prague, 1 assistant dubourreau, 1 directeur de banque, 2 chefs d’orchestre, 2 directeurs de théâtre,2 compositeurs de musique, 2 sages-femmes, 2 masseurs-kinésithérapeutes, 3artistes peintres, 3 pasteurs, 3 maîtres nageurs, 3 architectes, 4 professeurs,4 rédacteurs en chef, 4 sculpteurs, 5 hauts fonctionnaires de la ville, 7députés, 8 écrivains, et 12 médecins.

L’apparence actuelle de la brasseriedate du début des années 1800. Elle comporte une salle des chevaliers, desgrands panneaux de bois sombre en guise de murs, plusieurs tableaux, un vitragecoloré et des voûtes gothiques.

Huit salles peuvent accueillir 1200visiteurs. On prend place sur des bancs de bois devant de longues tables oudans le jardin de la bière à l’extérieur.   

Amateurs de bière, j’accepte de vous ouvrir quelques lignes.Place à Wikipedia : « L’établissement ne sert qu’un seul type debière, sa propre brune à 5 % d’alcool, préparée à 13°P (degrés Plato qui,utilisés en Europe centrale de préférence aux degrés Balling, traduisent lepourcentage d’extrait sec du moût avant fermentation). La bière, la« Treize de Flek » (Flekovská třináctka) est aussi connuecomme la « Double bière brune de Flek à 13°P » (Flekovský tmavýležák 13°). Elle est brassée sur place, et n’est disponible nulle partailleurs. »

Si vous allez faire un tour Chez Flek, préparez votreportefeuille. Ce serait si cher que même les habitants de Prague se tiennentéloignés. Un peu comme certains restaurants dans le Vieux-Québec et leVieux-Montréal, la brasserie tchèque se réserve aux touristes avec son musée,ses visites organisées et sa boutique de souvenirs.   

Si vous aimez ce type de billet, je vous encourage à lirecelui consacré au restaurant le plus vieux du monde qui se trouve en Suède àl’adresse : http://espace.canoe.ca/group/saviezvousque/blog/view/447912

Ou tapez les mots : Casarazzi, Le plus vieux restaurantdu monde.

(Photo Vincent de Groot)

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Des bouts de maison qui donnent le frisson

avatar - 25 août 2010

Le gars savait quej’avais entrepris des travaux de recherche sur la vie de John Lennon. Il s’avançaet me tendit une pièce brunâtre. «C’est un fragment du toit de la maison d’enfance de Lennon» me dit-il. Surpris, je fixais sans broncher le fragment de deuxpouces carrés. Je ne savais quoi répondre. « Je suis allé à Liverpool avecdes amis, ajouta-t-il, j’ai marché sur les traces des Beatles. »

Il m’expliqua qu’enpassant près de la maison d’enfance de Lennon, il avait vu qu’on était en trainde la restaurer. Il y avait des amoncellements de débris sur le sol. Je supposequ’un ouvrier lui a indiqué un amas en particulier parce que le gars paraissaitvraiment sûr de son affirmation : le fragment brun et au contour brisé provenaitdu toit de la maison de Menlove Avenue à Liverpool, ville natale des Beatles enAngleterre.

Il me donna lefragment en guise de cadeau. Il en avait d’autres chez lui. Pour ne pas lefroisser, j’ai accepté.

Hier, en écrivant lebillet sur la maison d’Anne Frank, j’ai aperçu le fragment du coin de l’œil.Oui, je l’ai toujours. Non, je n’ai rien d’une groupie. J’attends toutsimplement un fan fini de l’ex-Beatle qui se montrera intéressé par le morceau.

Puis, le temps a passéet je me suis rappelé une visite que j’ai effectuée dans l’un des appartementsde Mozart. C’était à Vienne, juste derrière l’incroyable cathédraleSaint-Étienne. Au départ, visiter un appartement où a vécu Mozart a de quoidonner le frisson. En cours de visite, j’ai appris que les plinthes au bas desmurs étaient les moulures d’origine. J’ai froncé les sourcils et j’ai continuéla visite.

Mais je me souvienstrès bien m’être arrêté plus d’une fois dans l’appartement en observant lesplinthes et en me disant : « Les plinthes d’origine! Ces moulures ontvu Mozart, vraiment?  Elles ont entendusa musique, vraiment? Elles l’ont entendu rire et chanter, vraiment? »J’avais honte de mon étonnement, plutôt puéril je l’avoue, mais c’était plusfort que moi. Imaginez! Mozart est mort en 1791! Et les plinthes de sonlogement étaient toujours là!

Entre le fragment dutoit de la maison d’enfance de Lennon et les plinthes de l’appartement deMozart, la distance est courte. Dit autrement : l’admirateur de JohnLennon n’était pas si niaiseux que ça. S’il était, je n’étais pas loin derrière.

Je suppose que ça vousest déjà arrivé. Jamais? Vraiment? Jamais, jamais, jamais? Vous n’avez pas unpeu de sang de groupie dans les veines?

Photo: maison d’enfance de John Lennon (Tripadvisor.fr)    



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

La maison d’Anne Frank

avatar - 24 août 2010

Durant ses 27 années derrière les barreaux d’une prison del’Afrique du Sud, au temps de l’apartheid, Nelson Mandela lisait régulièrementle journal d’Anne Frank pour se donner du courage. Et on s’entend pour direque, pour passer 27 années de sa vie dans la pénombre, ça prend beaucoup decourage pour passer au travers de toute cette solitude.

Quand j’étais ti-cul et que je commençais à lire journaux etrevues, je me souviens d’un article paru, je pense, dans le Reader’s Digest. Ilétait question d’une décision rendue par un juge. Une affaire délicate etdifficile. Invité à s’expliquer, le juge avait répondu qu’il avait lu lejournal d’Anne Frank avait de prendre sa décision afin de rendre un jugement leplus juste possible.

Si le nom ne vous dit rien, sachez qu’Anne Frank était unejeune juive allemande exécutée par les hommes de main d’Hitler au camp deconcentration de Bergen-Belsen, peu de temps avant la fin de la guerre 39-45. Devantla montée du nazisme en Allemagne, la famille avait fui aux Pays-Bas en 1933,s’installant à Amsterdam. Mais les nazis débarquèrent dans le pays des annéesplus tard.

Pour leur échapper, les Frank se cachaient dans une annexede l’entreprise du paternel qu’ils avaient aménagée. Les pièces de l’annexe setrouvaient au-dessus et à l’arrière des bureaux de l’entreprise, le long d’uncanal d’Amsterdam. Une « porte-bibliothèque » pivotante donnait accèsà l’annexe.

Wikipedia définit l’annexe : « C’était un espace àtrois niveaux à l’arrière du bâtiment auquel on accédait par un palier situéau-dessus des bureaux de la société Opekta. Au premier niveau étaient deuxpetites pièces avec une salle de bains et des toilettes adjacentes. Au-dessusil y avait un vaste espace ouvert avec une petite pièce adjacente. Depuis cettepetite pièce une échelle donnait sur le grenier. »

Jusqu’où jour où la famille, dénoncée, fut capturée par les nazis, Anne Frank écrivit presque quotidiennement un journal de bord, soit du12 juin 1942 au 1er août 1944. C’est ce journal de bord qui sauva NelsonMandela du désespoir et inspira le juge dans sa prise de décision.

Le livre issu du journal figure parmi les livres les pluslus de l’histoire contemporaine. Il a été traduit dans près de 70 langues.

J’ai visité la maison d’Anne Frank lors d’un voyage àAmsterdam. La maison (l’annexe plutôt)a été transformée en musée. Circulerentre les murs de l’annexe me donnait la chair de poule. Sur l’un des murs j’aipu voir les traits d’encre, soit les lignes que traçait le paternel à chaquepoussée de croissance de ses deux filles, Margot et Anne.

Les habitués de ce blogue savent que j’ai toujours aimém’attarder dans les bâtiments qui ont fait l’histoire : l’abbaye du MontSaint-Michel en France, l’appartement de Mozart à Vienne, la maison deBen-Gourion en Israël. Mais visiter la maison d’Anne Frank a quelque chose d’impressionnant.

Un tas de vidéos sur l’histoire d’Anne Frank et son appartementsecret sont disponibles sur Youtube.

Photos Anne Frank et son appartement secret à Amsterdam (Wikipedia)

 

 

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Une fenêtre s’ouvre sur le monde des fenêtres

avatar - 23 août 2010

Lorsque mon père avait rénové sa maison au début des années70, changer de fenêtre ne demandait pas un bac à l’université. Maisaujourd’hui, ça prend un DEC ou presque. Allez magasiner un nouveau modèle defenêtres demande de la préparation et de la patience.

C’est pourquoi l’Association provinciale des constructeursd’habitation du Québec(APCHQ) vient de publier un guide pour vous aider à vousretrouver sur le marché des fenêtres.

« Pour la fabrication des cadres de fenêtres, le bois,l’aluminium et le chlorure de polyvinyle, communément appelé PVC, sont lesmatériaux les plus souvent utilisés, écrit l’APCHQ dans le communiqué de presse.Plus dispendieux, l’aluminium est populaire en raison de sa facilité d’entretienet de son côté esthétique. La fibre de verre, un peu plus récente sur lemarché, est elle aussi plus coûteuse, mais comme l’aluminium, il s’agit d’unmatériau durable et stable. Quant au PVC, très en demande également, il estapprécié pour son coût relativement bas, mais surtout parce qu’il n’est pasconducteur de froid. À ces choix s’ajoute le bois, un matériau attrayant etrecherché en raison de son aspect chaleureux. Des unions entre ces diversproduits sont possibles et vous permettront de profiter des propriétés etavantages de chacun. »

Comme les matériaux, les mécanismes d’ouverture se sontmultipliés. L’APCHQ fait le tour :

« Fenêtres à auvent, coulissantes, à battants, àguillotine ou oscillo-battantes sont autant d’options disponibles sur lemarché. Outre vos goûts et le côté esthétique, plusieurs facteurs etconsidérations pratiques peuvent influencer votre choix quant au moded’ouverture de vos fenêtres. Le fabricant vous informera de leursparticularités (entretien et nettoyage, résistance à l’effraction, mécanismehors de la portée des enfants, etc.). Pour bien comparer ces options,informez-vous à propos des divers types de coupe-bise (à friction et àcompression) : il s’agit d’une bande de matière fixée le long de la rive d’unefenêtre qui empêche l’infiltration d’air et qui, par conséquent, améliorel’étanchéité. »

Après les matériaux et le mécanisme d’ouverture, l’APCHQs’attaque à la première composante de la fenêtre : la vitre.

« Quel que soit le type de fenêtres choisies, il fautaussi penser au verre qu’on y insérera pour les rendre performantes sur le planthermique. Il n’y a pas de gain majeur en efficacité énergétique lié au vitragecomme tel : un vitrage thermos conventionnel a une résistance thermiqued’environ R2.14 (facteur R : résistance thermique) alors que les vitrages lesplus performants peuvent atteindre R8 et s’avèrent beaucoup plus dispendieux.

« Un vitrage performant coûte normalement environ 15 %du coût total des fenêtres. Vos chances de réduire votre facture énergétique nedépendent pas du type de vitrage (énergétique vs conventionnel), mais plutôt del’étanchéité à l’air. En effet, une importante partie de votre budget peuts’envoler lorsque l’enveloppe du bâtiment n’est pas étanche. 

 « Il estpossible de connaître la réelle performance de vos fenêtres grâce aux étudesd’étanchéité réalisées selon la norme A440. Les fabricants participent à ceprogramme d’évaluation et sont en mesure de vous informer sur ces tests demesure. En général, une fenêtre est classée selon plusieurs cotes : de A1 à A3pour l’étanchéité à l’air, de B1 à B7 pour l’étanchéité à l’eau et de C1 à C5pour sa résistance aux surcharges causées par le vent. Plus ces cotes sontélevées, plus performantes sont vos fenêtres. » 

Pour terminer, l’APCHQ nous livre une panoplie deconseils :

« Avant l’installation, demandez à votre entrepreneurs’il se chargera de poser les boiseries, de faire l’isolation et la peinture.Ce sont des éléments qui doivent être spécifiés au contrat, sinon vous devrezprévoir un autre spécialiste pour effectuer ces travaux. Vous devez aussi tenircompte des déficiences relatives à la structure du bâtiment ou du parement :par exemple, les cornières d’acier qui supportent la brique sont-elles toujoursen bon état? Y a-t-il des fissures ou des ondulations au-dessus des fenêtresdans le parement de brique? Y a-t-il des infiltrations d’eau par les cadres desfenêtres, surtout dans la partie supérieure? Le changement de la fenêtre à luiseul ne corrigera pas ces problèmes. Le parement, les solins de maçonnerie oude stuc peuvent être en cause. Avant de changer vos fenêtres, discutez de cesproblèmes avec un professionnel en la matière ainsi que des réparations quis’imposent. 

« Les cadres d’aujourd’hui n’ont pas la largeur requisepour remplir la pleine épaisseur du mur. L’installateur se charge de poser lesoufflage, cette pièce qu’on ajoute pour combler l’espace entre la fenêtre etla face intérieure du mur de gypse. On recommande les soufflages en boisrecouvert de vinyle, lesquels nécessitent peu d’entretien et sont plus facilesà poser, contrairement à ceux en PVC, qui sont très difficiles à fixerpuisqu’il est plutôt ardu de visser dans le plastique. »

Pour plus d’infos : www.apchq.com

Aussi, consulter mon billet : « Choix defenêtre : ça se complique » au http://espace.canoe.ca/group/amenagementsinterieursexterieurs/blog/view/449602

(Photo: page-de-visite.com)

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Les fondations qui se fissurent en Mauricie

avatar - 20 août 2010

Le printemps dernier dans le billet : « 350propriétaires en colère », je vous ai raconté le drame qui affecte cespropriétaires de Trois-Rivières qui voient les fondations de leur maison sefissurer à cause de la présence de pyrrhotite dans le béton, un minéral quiréagit fortement au contact de l’air et de l’humidité. La pyrrhotite provientd’une carrière de la région.

Pour donner du poids à leurs revendications, lespropriétaires avaient créé la coalition Proprio-Béton et un siteinternet : http://pyrite2009.wordpress.com/De son côté, l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec(APCHQ) lançait le site www.dossierbeton.compour garder le contact avec les propriétaires affectés.

Les inspecteurs du programme de la Garantie des maisonsneuves (GMN) de l’APCHQ avaient examiné de près les résidences despropriétaires ayant procédé à une réclamation.

La GMN faisant face de son côté à la plus importanteréclamation de son histoire (plus de 60 millions$), de l’autre despropriétaires nerveux de voir se détériorer les fondations de leur maison, l’investissementLE plus important de leur vie, le débat a dérapé sur la place publique.L’émotion était devenue trop forte.

Récemment, l’APCHQ a décidé d’imposer une pénalité de10 000$ à ses entrepreneurs s’ils s’avisaient  de s’adresser aux médias sans autorisation préalable.Une mesure étonnante qui nous ramène loin en arrière en ce qui concerne laliberté d’expression. D’ailleurs, la Fédération professionnelle desjournalistes du Québec (FPJQ) section Mauricie s’en est mêlée. L’APCHQ a faitmarche arrière en décidant de retirer la pénalité de 10 000$.

Sur le terrain, les travaux correctifs progressent. Ilsnécessitent environ un mois de demi de travail de la part de l’entrepreneur.Une fois la maison soulevée, les fondations sont retirées et on procède aucoulage des nouvelles fondations. On peut voir le processus sur le site de www.lhebdojournal.com Une vidéo a ététournée.  

On pensait à l’origine que la pyrrhotite ne concernait queles maisons bâties entre 2004 et 2006. Or, des maisons construites au début de2007 montrent des fissures à leurs fondations. La liste des propriétairesdormant mal la nuit ne cesse donc de s’allonger. Pas question pour les nouveauxpropriétaires affectés d’apporter des améliorations à la maison pour le moment. 

Non satisfaits, les propriétaires affectés réclament unprogramme d’aide et d’indemnisation de la part de Québec et un effort supplémentairedes élus de la région pour leur venir en aide. 

Il existerait plus de 500 cas de pyrrhotite en Mauricieactuellement.

À Trois-Rivières, des propriétaires ont  profité d’un remboursement de taxes foncièrespour les années 2008, 2009 et 2010.

Tout le monde s’en va devant les tribunaux, semble-t-il.  

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Résidences pour personnes âgées : le marché va mal

avatar - 19 août 2010

Il y a peu d’argent à faire dorénavant avec les résidencespour personnes âgées, écrivait Martin Provencher, investisseur en immobilier etconférencier, dans son dernier bouquin : L’immobilier en 2025.

Les plus récentes statistiques de la Société canadienned’hypothèque et de logement (SCHL) ont tendance à lui donner raison. Le dernierrapport de l’organisme sur les résidences pour personnes âgées révèle que letaux d’inoccupation est monté de 9,2 % en 2009 à 10,8 % en 2010au pays.

« Sur le marché des résidences pour personnes âgées,les taux d’inoccupation et les loyers sont plus élevés que sur le marchélocatif traditionnel », déclare Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL.« Les résidences pour personnes âgées offrent à leurs occupants un largeéventail de services et de commodités, ce qui contribue au fait que les loyersy sont plus chers que dans les ensembles locatifs traditionnels. Ces loyersrelativement chers et le taux de roulement plus important expliquent pourquoile taux d’inoccupation est plus élevé dans les résidences pour personnesâgées. »

Comme moi, vous avez sûrement entendu parler de ces fameusesmaisons intergénérationnelles appelées à remplacer les résidences pour personnesâgées. Les décideurs chargés de trouver des solutions au vieillissement de lapopulation en parlent de plus en plus. La construction en masse de résidencespour les baby boomers vieillissants, sans s’avérer un échec, montre des limitesinquiétantes. Est-ce une cause de l’augmentation du taux d’inoccupation?Peut-être.

Dans le communiqué de la SCHL, on lit : « Le tauxd’inoccupation national correspond à celui qui a été enregistré dans lacatégorie des places standards. Ces places peuvent être situées dans l’un oul’autre des types d’unité suivants :chambres individuelles, studios etappartements de une ou de deux chambres, qui peuvent être occupés par unepersonne seule ou un couple (une place par unité); chambres à deux lits(deux places par unité);

salles communes (au moins trois places par unité).

« Le taux d’inoccupation est calculé pour l’ensembledes places standards, peu importe si les occupants utilisent le service derepas ou des services médiaux. Sont incluses dans le calcul de ce tauxd’inoccupation seulement les places standards, c’est-à-dire les places louéespar un résident qui reçoit moins d’une heure et demi de soins par jour. »

Selon le rapport de la SCHL, le taux d’inoccupation était de8,4% au Québec, donc inférieur au taux national de 10,8%. À titre comparatif,le taux est de 6,2% en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick et de 18,1%  à Terre-Neuve-et-Labrador.

« Le loyer mensuel moyen des studios et des chambresindividuelles incluant au moins un repas par jour s’élevait à 1 857 $dans l’ensemble du pays, écrit la SCHL. Le plus bas (1 329 $) aété enregistré au Québec et le plus haut (2 585 $), en Ontario. »

(Photo 20minutes.fr)

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Ces jeunes qui ne décollent plus de la maison

avatar - 19 août 2010

Wikipedia définit très bien le mot cocooning :« Attitude consistant à se trouver si bien chez soi qu’on n’est guèrepoussé à en sortir excepté pour les nécessités vitales. »

C’est le cas des Japonais et Japonaises touchés par lehikikomori, soit 0,2% de la population. Sauf qu’il s’agit d’un cocooningfondamentalement malsain.

Le hikikomori désigne un travers social et psychique quipousse ados et jeunes adultes à se retrancher chez leurs parents ou à leurdomicile, souvent une simple chambre, des mois durant et, dans certains cas,pendant des années. Pourquoi? Parce qu’ils ne trouvent pas leur place dans lasociété.

La plupart d’entre eux naviguent dans un univers virtuel, levisage constamment tourné vers l’écran. Au Japon, on parle de tragédienationale. Pour un pays qui connaît le taux de vieillissement le plus rapide dumonde, c’est une vraie catastrophe! Un gaspillage de talent et de ressources!Dire que le Japon doit, presque à regret, ouvrir sa porte aux immigrants parceque le pays est à court de main d’œuvre.

Près de trois quarts des jeunes souffrant de hikikomori sontdes garçons. Les causes sont multiples : traumatismes familiaux, persécutionà l’école, relations anormales avec la mère, le phénomène de l’enfant-roi, pressionanormale de la famille face aux résultats scolaires comme celle de la« maman dragon » qui exige performance par-dessus performance de lapart de son enfant.      

Le système scolaire japonais se fonderait sur l’élite. C’estle système idéal pour mettre de la pression sur les épaules des jeunes. Riend’étonnant à ça quand on sait que les Japonais sont l’un des peuples les plusexigeants du monde. Au Japon, on vit pour travailler, pour performer, pourréussir à tout prix. Il faut faire beaucoup d’heures supplémentaires pourobtenir des congés au Japon. 

« Le hikikomori réagit en se retirantcomplètement de la société, évitant tout contact avec le monde extérieur,surtout s’il nécessite une communication, même non-verbale, comme passer à lacaisse d’un supermarché ou au konbini, écrit Wikipedia. Il s’enfermedans sa chambre pendant des durées prolongées, souvent mesurées en années. Iln’a souvent aucun ami et passe la plupart de son temps à dormir, à regarder latélévision, à jouer à l’ordinateur et à surfer sur Internet, moyen privilégiéde communication.»

En résumé, le hikikomori est un chômeur célibataire et endurciqui va sortir la nuit pendant que les rues sont désertes. Il s’assure ainsi dene rencontrer personne.

Avec le temps, il lui arrive d’avoir de la difficulté àfaire la différence entre le bien et le mal. D’ailleurs, un jeune Japonais aassassiné quatre fillettes parce qu’il voulait reproduire une scène de manga(bande dessinées japonaise).

Avoir un hikikomori dans la famille est une honte au Japon. Onqualifie de célibataire parasite le jeune adulte qui vit toujours ses parents.

Comme on le voit, le hikikomori aime rester chez lui. Maiscela n’a rien à voir avec le plaisir de vivre chez soi. Il reste chez lui parcequ’il fuit le monde extérieur.

 

 



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013

Le Homer Simpson des agents immobiliers

avatar - 18 août 2010

Il s’appelait GeorgeF. Babbitt. Il vivait dans le Midwest américain au début des années 20 et étaitagent immobilier.

Il était vendu au « American way oflife ». Il aimait tout de l’Amérique. Les grands espaces, la liberté absolue, la multiplication des autos surles routes, les dollars qui pleuvaient, la libre concurrence et la prospéritématérielle. En outre, il était l’un des canons de la chambre de commerce de laville de Zénith.

Babbitt était fascinépar la folie de l’immobilier et la spéculation financière. Avec l’argent gagné,il se laissait tenter par toute une gamme de produits de consommation nouveaux.Comme le frigo par exemple!

George F. Babbittétait la caricature parfaite de l’agent immobilier gourmand et prêt à tout pourfaire de l’argent rapidement. Sauf que le talent n’était pas là.

On a comparé Babbitt àHomer Simpson quelque part sur le Web. À vous de juger s’il s’agit d’uncompliment ou non.

Vous auriez aimé faire la rencontre deGeorge F. Babbitt? Même si vous aviez vécu dans les années 20, vous ne l’auriezjamais rencontré puisque le personnage est sorti tout droit de l’imagination del’écrivain Sinclair Lewis. Le roman porte d’ailleurs le nom du personnage.

Qu’arrive-t-il à notre cher Babbitt aucours du roman? Il frappe un mur, comme on dit au Québec. Il se réveille un beau matin, triste à mourirau milieu de ses possessions matérielles, pas si nombreuses d’ailleurs, etd’une vie de famille superficielle. D’ailleurs, la société américaine vivra lemême cauchemar que lui puisqu’elle se dirige tout droit vers le grand Krachboursier de 1929.

Raconté comme ça, leroman n’a l’air de rien. Ne vous fiez pas aux apparences. On dit que l’intrigueest multiple et les personnages sont attachants.

Si vous êtes agent immobilier,le personnage de George F. Babbitt risque de piquer votre curiosité. Si vous nel’êtes pas, il risque quand même de vous intéresser car l’agent immobilier estune bibitte qui intrigue bien du monde.

Et puis, vousretrouverez une légère ressemblance entre la frénésie de l’époque dans ledomaine immobilier et la folie immobilière qui vient d’ébranler toutel’Amérique.

Un petit mot surSinclair Lewis. Il a été le premier Américain à gagner le prix Nobel de lalittérature. Son roman Babbitt s’est vendu comme des petits pains chauds àl’époque. C’est le plus gros succès en librairie des années 1900-1920 auxEtats-Unis.

Si j’ai lu le roman? Pasencore mais il figure sur ma liste des « must ».

Parlant de bibitte,jetez un coup d’œil à mes deux billets : Pour en finir avec les agentsimmobiliers, section Maisons et condos.

Zut! J’ai gaffé! Fautpas utiliser l’expression agent immobilier selon la nouvelle loi. Faut direcourtier immobilier.

(Photo: thequoteblog.com)



Ces articles sont la propriété exclusive de Via Capitale © 2013